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vendredi 27 novembre 2015

La Vie à la Française ... suite

     Afin de poursuivre cette petite étude de ce qui fait notre Art de Vivre à la Française, je me suis rappelée deux auteurs contemporains, qui ont le pouvoir de me plonger dans une bulle pour faire revivre des pages de notre histoire de France, avec leurs personnages. En lisant leurs livres, nous apprenons, par exemple, l'histoire de notre gastronomie et des aliments que nous trouvons normal de voir sur les étals de nos marchés. Mais savons-nous seulement d'où ils viennent ? Mais aussi, que Voltaire fut un commerçant, et un homme obligé de se cacher, de fuir la France, car sans cesse menacé de se retrouver au cachot à cause de ses écrits.

Michèle Barrière, a consacré ses études à cette quête sur l'histoire des aliments que nous cuisinons de nos jours. Maintenant, elle nous fait profiter de ses recherches, en prétextant, dans chaque livre, une enquête policière menée par son personnage principal, et sa dynastie au travers des siècles. 
Je vous invite à vous rendre sur son site, pour faire connaissance avec ses personnages.




Quelques uns de ses livres au Livre de Poche ... Pour connaître sa bibliographie consultez 
le site de l'auteur : http://www.michelebarriere.fr/

Le site de l'éditeur : http://www.editions-jclattes.fr/meme-auteur/88776 


Un dernier opus, "La France à table" Ed. Les Arènes. une plongée dans les archives de la gastronomie française, cent ans de souvenirs.

Sur le site de l'Editeur : http://www.arenes.fr/spip.php?article4422

DERNIERE HEURE : Pour information, Michèle Barrière reçoit le Grand Prix Eugénie Brazier, catégorie roman et essai, pour "La France à Table"
Elle sera l'invitée d'Elise Ducet au JT du 13h vendredi 4 décembre 2015

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Après avoir nourri le ventre de l'homme, il faut nourrir l'esprit, alors, qui de mieux que notre Voltaire, pour évoquer l'esprit français. 

Frédéric Lenormand a su avec ses livres "Voltaire mène l'enquête", s'approprier l'écriture de Voltaire. Voilà, le style de Voltaire même, on s'y croirait ! Je dirai même que c'est du Champagne ... pétillant, plein d'humour, du Voltaire en somme !



Et d'autres encore ...

Le site de l'éditeurhttp://www.editions-jclattes.fr/meme-auteur/88267

Voilà quelques ouvrages décrivant avec bonheur "le savoir vivre à la Française" que nous envient tant de monde ! 


La vie à la Française ... à suivre ...

samedi 21 novembre 2015

La Vie à la Française ...

     Le "mode de vie parisien", fait rêver beaucoup d'hommes et de femmes de par le Monde. Les Chinois même trouvent "romantique" de venir se marier ou en voyage de noces à Paris, et prendre des photos en robe de mariée avec les monuments de Paris comme décor vivant ! 
     Sur la passerelle des Arts, les amoureux du monde, venaient accrocher un cadenas au grillage pour sceller leurs amours... Il y en a tellement que les grillages croulent sous le poids. 


article source

     Cela ne doit donc pas être si démoniaque de vouloir maintenir cette façon de vivre, et que tant de touristes cherchent à venir profiter un peu de cette douceur de vivre ... 

     Alors pour mettre ma contribution aux hommages à la mémoire de celles et ceux qui ont été assassinés par ces monstres, je vais mettre ma petite pierre à l'édifice en parlant de quelques livres ou chansons qui évoquent notre mode de vie !

Des chansons ont fait le tour du Monde ...

     - La Bohême de Charles Aznavour





Sur "Les Champs-Elysées" de Joe Dassin




Des livres ... 
     - "Bohèmes" de Dan Franck un volumineux ouvrages (574 pages) illustrés 




Quatrième couverture : 
     C‘était l’époque où Paris était la capitale du monde. Sur les trottoirs de Montmartre et de Montparnasse, entre le Bateau-Lavoir et Closerie des Lilas, allaient les sublimes trublions qui inventaient l’Art moderne et le langage du siècle : Jarry, son hibou et ses revolvers, Picasso sympathisant anarchiste, Apollinaire l’érotomane, Modigliani et ses femmes. Max Jacob et ses hommes, Arago le flambeur ? Soutine le solitaire, Man Ray, Braque, Matisse, Breton et les autres… Ils venaient de tous les pays. Ils étaient peintres, poètes, sculpteurs, musiciens. Fauves, cubistes, surréalistes, fêtards, amoureux – libres.
Ils portaient des cravates en papier, des caleçons en guise de chemises… Plus tard, ils échangèrent leurs sandales trouvées contre des lavandières et des montres en or, sans jamais abandonner les exigences de leur jeunesse. Ainsi vont les artistes. Pendant trois décennies, ils menèrent le bal des plumes et des pinceaux. Ils y convièrent des brocanteurs devenus marchands, des couturiers-mécènes, une poignée de milliardaires, des filles de rues peintes comme des princesses.

Leurs vies sont flamboyantes comme leurs œuvres. Et leurs œuvres, belles comme la vie. Ils demeurent à jamais les personnages de leurs propres légendes. Ils furent et restent les héros du temps des Bohèmes : un monde magnifique dont les reflets éclairent encore le siècle tournant la page.
"Un monde sans art serait aveugle à lui-même. Il serait enfermé entre les bornes de règles simplistes. C'est pourquoi, quand ils s'installent, les totalitarismes censurent, interdisent et brûlent. Ainsi crèvent-ils le regard de la pensée, du rêve, de la mémoire et de l'expression des différences. La terre d'où naissent les artistes." 

     C'est par ces quelques phrases, les premières du livre de Dan Franck que je souhaite parler de ce livre. Il n'y a pas mieux en ces jours de recueillement.
     De Montmartre à Montparnasse, on retrouvera les traces de tous les artistes devenus célèbres, dont les œuvres sont proposées aux enchères dans les plus célèbres maisons de ventes du Monde. 

Pour en savoir plus :
EAN : 9782702129166
Code Hachette : 5171111
Format : 155 x 240 mm
570 pages
Parution : 7 octobre 1998
Prix : 26.15 €

Il existe une version poche :
EAN / ISBN : 9782253117940
640 pages
Date de parution : 26/04/2006
Prix : 8.10€

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     Une autre époque est évoquée dans cette suite, après l'Espagne des années 1930, (volume 2) voici le troisième tome, l'époque de 1940 à la Libération !



Quatrième de couverture :
     Après Bohèmes, qui ressuscitait les années Montmartre et Montparnasse, et Libertad !, l’Espagne en feu des années 1930, Dan Franck poursuit son histoire des artistes et des intellectuels. Minuit court de la débâcle de 1940 à la Libération.
Dans cette nuit qu’on pense bien connaître, ses personnages sont inoubliables : traîtres et héros, petites mains, grandes plumes. André Malraux et la belle Josette Clotis, qui mourra les jambes tranchées sous un train. Sartre qui écrit au Flore, cigarette à la main, sur l’engagement et sur l’être. Louis Aragon, Picasso, Marguerite Duras rue Saint-Benoît, mais aussi Jean Prévost, mort au maquis, ou Saint-Exupéry, pataud et courageux. Jeanson et Desnos, rebaptisant « Je suis partout » en « Je chie partout ».
Une grande partie de la France qui peint, écrit, dessine, semble « faire avec ». Parfois elle trahit. Souvent elle collabore. L’horrible Jouhandeau crache sa haine. Drieu la Rochelle ne peut plus « baiser sa femme, parce qu’elle est juive. » Editeurs en quête de papier, cinéastes qui se cherchent de la bobine, écrivains apeurés, aventuriers ou coureurs, héros anonymes ou presque, comme Jean Desbordes, romancier mort sous la torture et qui ne parla pas, toutes ces figures font un livre fulgurant de vérité. C’est vrai, la France de Minuit est bien sombre : et sans légende.
Pourtant, impossible d’oublier Marc Bloch, sublime figure que Dan Franck nous fait connaître et aimer. Tout comme les réfugiés, moins connus, allemands notamment, Franz Werfel et Alma Mahler, Arthur Koestler, Manes Sperber et tant d’autres…


le site du livre chez l'éditeurhttp://www.grasset.fr/minuit-9782246613510
Pour en savoir plus : 
EAN : 9782246613510
Parution : 29/09/2010
Pages : 512
Format : 154 x 240 mm
Prix : 23.30 €

Existe en poche : 
Prix : 7.60€

A NOTER 
une nouvelle édition de ces ouvrages regroupés en un seul volume, aux éditions Fasquelles et Grasset au prix de 29.00 €


Pour regarder le documentaire ARTE, en 6 épisodes, il semble que nous devons attendre un peu 
Un film d’Amélie Harrault et Pauline Gaillard
2014, 6x52 min.
EN DVD LE 2 DECEMBRE 2015
Diffusion sur ARTE les 16, 17 et 18 décembre 2015
Egalement disponible en VOD sur www.arteboutique.com

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On ne peut pas évoquer, ce qui serait un hymne à Paris, sans mentionner l'hommage de la part de ce grand amoureux de notre ville, Hémingway, pourtant "un grand bourlingueur", dit son amour pour Paris dans 


Première parution en 1964

Trad. de l'anglais (États-Unis) par Marc Saporta. 
Édition de Seán Hemingway. Avant-propos de Patrick Hemingway
Édition revue et augmentée en 2011. Avant-propos, introduction et inédits traduits par Claude Demanuelli


Quatrième de couverture

Au cours de l’été 1957, Hemingway commença à travailler sur les «Vignettes parisiennes», comme il appelait alors Paris est une fête. Il y travailla à Cuba et à Ketchum, et emporta même le manuscrit avec lui en Espagne pendant l’été 59, puis à Paris, à l’automne de cette même année. Le livre, qui resta inachevé, fut publié de manière posthume en 1964. 

Pendant les trois années, ou presque, qui s’écoulent entre la mort de l’auteur et la première publication, le manuscrit subit d’importants amendements de la main des éditeurs. Se trouve aujourd’hui restitué et présenté pour la première fois le texte manuscrit original tel qu’il était au moment de la mort de l’écrivain en 1961. 
Ainsi, «Le poisson-pilote et les riches», l’un des textes les plus personnels et intéressants, retrouve ici ces passages, supprimés par les premiers éditeurs, dans lesquels Hemingway assume la responsabilité d'une rupture amoureuse, exprime ses remords ou encore parle de «l’incroyable bonheur» qu’il connut avec Pauline, sa deuxième épouse. Quant à «Nada y pues nada», autre texte inédit et capital, écrit en trois jours en 1961, il est le reflet de l’état d’esprit de l’écrivain au moment de la rédaction, trois semaines seulement avant une tentative de suicide. Hemingway y déclare qu’il était né pour écrire, qu’il «avait écrit et qu’il écrirait encore »...
Pour en savoir plus
ISBN : 9782070128846 - Gencode : 9782070128846 - 

Code distributeur : A12884
320 pages, 140 x 205 mm 
Achevé d'imprimer : 20-04-2011
Genre : Romans et récits Catégorie > Sous-catégorie : Littérature étrangère > Anglo-saxonnes 
Pays : États-unis
Époque : XXe siècle

Une édition poche chez folio est également disponible !
http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio/Paris-est-une-fete


     Un impressionnant "beau livre" raconte la vie d'Hemingway, aux éditions Michel Lafon. Un chapitre appelé PARIS EST UNE FÊTE, nous explique cette période de sa vie, photos à l'appui.


On y lira la genèse de cette citation :
[Comme Hemingway le dira plus tard à Aaron Hotchner, son compagnon d'aventures des dix dernières années de sa vie :
"Si tu as eu la chance de vivre à Paris comme jeune homme, alors, où que tu ailles le reste de ta vie, Paris restera avec toi car Paris est une fête."]
le site du livre chez l'éditeur :  http://www.michel-lafon.fr/livre/942-Hemingway.html

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     Je pense avoir déjà bien travaillé, dans un délai si court. Cependant, il n'est pas impossible, c'est même certain, que je continuerai à alimenter cet article, au fur et à mesure de mes découvertes. Donc n'oubliez pas de revenir souvent consulter mon blog, de me faire part dans les commentaires d'ouvrages ou de documents qui vous reviendraient en mémoire. Merci. 

Prenez soin de vous !


vendredi 20 novembre 2015

Les prix littéraires : en savoir plus ...

     Voilà, le grand rush littéraire de fin d'année s'achève. Les journalistes vont pouvoir ranger leur matériel et retourner à leur bureau, pour enquêter sur les lauréats, et leurs productions littéraires. 

     Les prix littéraires, au fait qu'est-ce ? Nous avons vu un petit historique de chaque prix, mais on peut approfondir un peu l'enquête. Combien y en a-t-il ? Comment sont-il dotés ? Quelle influence ont-ils sur les ventes de ces livres ? Et ce que cela rapporte vraiment aux auteurs ? 

     Différents articles sont publiés à cette occasion, les regrouper sera l'objet de cet article au fur et à mesure que j'en trouverai. Revenez donc souvent afin de consulter les mises à jour.

     Dans Wikipédia : "Liste des prix littéraires" un récapitulatif fort utile pour trouver l'ensemble des récompenses depuis le Prix Nobel, jusqu'au petit prix non médiatisé, mais qui prouve que la littérature intéresse encore.


France

     Le prix le mieux doté en France semblait être le grand prix de littérature Paul-Morand qui, jusqu'en 2000 était de 300 000 francs, arrondi depuis à 45 000 euros, mais il est depuis dépassé par le prix mondial Cino Del Duca doté de 300 000 euros. Le plus prestigieux des prix, le Goncourt, était récompensé à l'origine par la somme de cinq mille francs qui, de dévaluation en dévaluation, a fini par se réduire à cinquante francs de 1960, puis à une poignée d'euros, mais le tirage (qui n'est jamais au-dessous de cent mille) compense largement ce manque à gagner, générant des droits d’auteur supérieurs à 600 000 euros. Seuls les 5 « grands » ­ (prix Goncourt, Femina, Médicis, Renaudot et Interallié) dopent significativement les ventes. Roger Peyrefitte estimait en 1982 leur nombre à près de deux mille et concluait que, puisque la France compte à peu près trente mille hommes de lettres, chacun peut espérer avoir au moins un prix. Il y aurait près de 2 000 prix littéraires en France (200 simplement qui ont une portée nationale, attribués par une dizaine de jurys littéraires) si on prend en compte les prix des concours littéraires, des Jeux floraux, les prix de comités d'entreprises (tel le Cezam Prix Littéraire Inter CE), de médiathèques, d'institutions comme les conseils généraux, ce qui fait de la France le premier pays au monde pour le nombre de distinctions littéraires attribuées chaque année, devant le Japon.

Selon une étude de GfK, les prix ayant eu le plus d'impact sur les ventes de 2005 à 2009 seraient :

Prix Goncourt (380 000 ventes moyennes par livre primé)
Prix Renaudot (220 000)
Prix Femina (155 000)
Prix Goncourt des lycéens (125 000)
Grand prix des lectrices de Elle (120 000)
Prix des maisons de la presse (100 000)
Prix Interallié (95 000)
Prix du livre Inter (60 000)
Prix des libraires (55 000)
Prix du roman Fnac (50 000)
Prix Médicis (42 000)

Le prochain dans quelques jours le prix Interallié.
Créé en 1930, le prix Interallié est destiné, du moins dans son principe, à couronner le roman d'un journaliste.

à suivre ...

vendredi 13 novembre 2015

Les Prix Littéraires 2015 : d'autres encore font leur apparition ...

    Novembre 2015, après les plus connus des prix littéraires de l'automne, il faut aussi parler des plus modestes :
  • Le prix de Flore : 
Le site du prix : http://prixflore.fr/
     Remis ce mardi 10 novembre 2015, au cours de la traditionnelle hyper-beuverie organisée par Frédéric Beigbeder au Café de Flore.
Philippe Jaenada a raconté la cérémonie de l'an dernier dans son roman "la Petite femelle", paru en août chez Julliard, et finaliste du prix Interallié. Il a bien saisi l'essence de l'événement. 
Extrait à lire dans l'article : 
http://bibliobs.nouvelobs.com/sur-le-sentier-des-prix/20151109.OBS9151/je-suis-alle-a-la-remise-du-prix-de-flore-et-j-ai-fini-a-l-hopital.html

Le Prix de Flore 2015 décerné à Jean-Noël Orengo pour 

 


"Fleur du capital" premier roman de Jean-Noël Orengo, un pavé de 800 pages, publié chez Grasset, veut nous faire explorer la capitale mondiale de la prostitution en Thaïlande.



L'écrivain l'a emporté au deuxième tour par huit voix contre quatre à Emilie Frèche (Un homme dangereux, Stock).

Le site du livre chez l'éditeur : http://www.grasset.fr/la-fleur-du-capital-9782246852537

Bravo aux éditions Grasset, beau doublé avec l'Interallié !


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  • Prix du Premier roman 2015 :
     Le Prix du Premier roman existe depuis trente-huit ans. (Quand même, ce n'est plus un petit nouveau né !) Présidé par Joël Schmidt, le jury est composé de Jean Chalon, Georges-Olivier Châteaureynaud, Annick Geille, Jean-Pierre Tison, Jean-Claude Lamy, Michèle Gazier, Gérard de Cortanze, Christine Ferniot, Gérard Guillot, Mohammed Aïssaoui.

Didier Castino, Prix du Premier roman 2015 aux éditions Liana Levi





Le site du livre chez l'éditeur : http://www.lianalevi.fr/f/index.php?sp=liv&livre_id=535

     Le Prix du premier roman étranger, lui, a été remis cette année à deux auteurs. Ont été couronnés d'une part la Brésilienne Vanessa Barbara pour La Nuit de la laitue (éditions Zulma), et d'autre part l'Autrichienne Maja Haderlap pour L'ange de l'oubli (éditions Métaillié).

Pour en savoir plus

http://www.lefigaro.fr/livres/2015/11/10/03005-20151110ARTFIG00227-didier-castino-prix-du-premier-roman-2015.php
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Une récompense pouvant en cacher d'autres, était remis hier soir à Paris le prix Wepler-Fondation La Poste. Pour cette 18e édition a été couronné Pierre Senges pour son roman Achab (séquelles) (éditions Verticales), la Mention spéciale du jury revenant à Lise Charles pour Comme Ulysse (éditons P.O.L)...

Le prix Interallié : un peu d'histoire ...

Un article paru dans Le Figaro, à propos de ce prix permet de tout dire. Je n'ai rien à ajouter : 

Le salon du Jury au Cercle de l'Union interalliée à Paris


En clôture de la saison des récompenses littéraires, cette récompense choisit aujourd'hui l'un des quatre ouvrages encore en lice. Décryptage de la genèse d'un prix très masculin.


● LA NAISSANCE: Le 3 décembre 1930, une trentaine de journalistes qui déjeunent au Cercle de l'Union interalliée à Paris en attendant les délibérations du prix Femina créent le prix Interallié. Il récompense un roman écrit par un journaliste, mais pas que, puisque Michel Houellebecq, non journaliste, l'a reçu en 2005 pour La possibilité d'une île (Fayard) et Morgan Sportès, pour Tout, tout de suite (Fayard), en 2006.
● LE JURY: Il est composé de dix journalistes ou écrivains masculins: Philippe Tesson (président), Éric Neuhoff, Jacques Duquesne, Stéphane Denis, Serge Lentz, Éric Ollivier, Jean-Marie Rouart et Claude Imbert. Christophe Ono-dit-Biot et Florian Zeller remplacent depuis 2013 Pierre Schoendoerffer et Jean Ferniot, tous deux disparus au cours de l'année 2012.
● LA DOTATION: pas de récompense sonnante et trébuchante pour ce prix uniquement honorifique. Mais un effet certain sur les ventes. Selon l'institut GfK, chaque prix littéraire entraîne un bond des ventes, l'Interallié étant promis à 90.000 exemplaires.
● LE DERNIER PRIX DE LA SAISON: La remise du prix se fait au restaurant parisien Lasserre, dans le 8e arrondissement. Dernier à être décerné à la mi-novembre, il clôt la saison des prix littéraires.
● LE PREMIER LAURÉAT: André Malraux, en 1930, pour La Voie royale (Grasset).
● À NOTER: sur quatre-vingt lauréats, Nelly Alard, récompensée pour Moment d'un couple (Gallimard) en 2013, est la neuvième femme couronnée. Avant elle, Dominique Bona est récompensée pour Malika, en 1992, il y a vingt-deux ans.
● LES QUATRE FINALISTES:
- Simonetta Greggio avec Les nouveaux monstres (Stock)
- Serge Joncour avec L'Écrivain national (Flammarion)
- Mathias Menegoz avec Karpathia (P.O.L)
- Éric Reinhardt avec L'Amour et les forêts (Gallimard).


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Le prix Interallié 2015 attribué à Laurent Binet

Laurent Binet a décroché le Prix Interallié 2015 © MaxPPP

Pour en savoir plus : 


Ecoutez l'émission sur france info : 


Extrait : 
« C’est Barthes qui m’a fait comprendre qu’on pouvait tirer d’un texte plus que ce qu’il semblait dire... Avec lui, ce qui avait été soporifique à l’école –gloser sur des textes dont la lecture seule me semblait tout à fait suffisante- devenait soudain passionnant. » [p. 13]

Et comme quand on aime on ne compte pas, il semble que d'autres prix littéraires fleurissent comme par enchantement. Chaque structure, aujourd'hui veut associer son nom à des productions littéraires, une preuve que le livre n'est pas mort, et c'est bon pour les amoureux des livres !

Les prix littéraires ... à suivre ! 

lundi 9 novembre 2015

Les Prix littéraires 2015 : Un petit nouveau Grand Prix de Littérature Américaine ...

Un nouveau prix sera initié cette année. Créé à l’initiative du libraire et éditeur Francis Geffard, ce nouveau prix littéraire a pour but de primer un roman américain se distinguant par ses qualités littéraires de premier plan.

“Couronner un roman américain, paru depuis le 1er janvier, qui se distingue par ses qualités littéraires de premier plan afin d’offrir un repère aux lecteurs qui apprécient en nombre cette littérature et les écrivains qui l’animent”, tel est l’objectif du Grand prix de littérature américaine lancé par le libraire et éditeur Francis Geffard, déjà fondateur du festival America.  
Pour lire l'article :  http://www.livreshebdo.fr/article/premiere-selection-du-premier-grand-prix-de-litterature-americaine-2015


Le jury se compose de neuf membres comprenant trois critiques littéraires, trois éditeurs et trois libraires : 
Philippe Chevilley (Les Échos), 
Olivier Cohen (L’Olivier), 
Bruno Corty (Le Figaro Littéraire), 
Francis Geffard (Albin Michel), 
Emmanuelle Heurtebize (Stock), 
Orianne Jeancourt (Transfuge), 
Sylvie Loriquer (L’Attrape-Cœurs, Paris), 
Jean-Christophe Millois (Librairie de Paris) et 
Pascal Thuot (Millepages, Vincennes).


Ce prix sera remis fin novembre à Laird Hunt pour Neverhome paru chez Actes Sud.



le site du livre chez Actes Sud : http://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature-etrangere/neverhome

lire : http://www.lesechos.fr/week-end/culture/livres/021463023595-laird-hunt-grand-prix-de-la-litterature-americaine-1173608.php
http://www.actes-sud.fr/actualites/laird-hunt-recoit-le-grand-prix-de-litterature-americaine-pour-son-roman-neverhome


On ne lit jamais trop ... mène son enquête ! 

vendredi 6 novembre 2015

Au coin du feu ... Un polar à donner des frissons ! "Lontano" Jean Christophe Grangé.

     Qui a connu l’Afrique, se retrouvera en terrain connu dès la première page. 
Par l’ambiance de cette scène d’enterrement : la température au moins 40° C ; par les teintes chaudes du décor, des personnages hauts en couleur aussi ! 
 « Soleil blanc, poussière rouge. » ... [p. 9]
"Lontano" Jean-Christophe Grangé
Ed. Albin Michel


Quatrième de couverture :
Le père est le premier flic de France.
Le fils aîné bosse à la Crime. Le cadet règne sur les marchés financiers.
La petite sœur tapine dans les palaces. Chez les Morvan, la haine fait office de ciment familial. Pourtant, quand l’Homme-Clou, le tueur mythique des années 70, resurgit des limbes africaines, le clan doit se tenir les coudes.

Sur fond d’intrigues financières, de trafics miniers, de magie yombé et de barbouzeries sinistres, les Morvan vont affronter un assassin hors norme, qui défie les lois du temps et de l’espace. Ils vont surtout faire face à bien pire : leurs propres démons. Les Atrides réglaient leurs comptes dans un bain de sang. Les Morvan enfouissent leurs morts sous les ors de la République.

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En Bref :
     Erwan Morvan se trouve avec son père Grégoire, au Congo Kinshasa, aux funérailles du général Philippe Sese Nseko. Une vieille connaissance de son père, un baroudeur ! Un grand flic aussi, à l’époque l’un n’empêchait pas l’autre. La famille Morvan œuvrait à Lubumbashi, capitale de la province du Katanga. 
« Erwan n’écoutait plus. Depuis son arrivée, il ressentait. Odeurs, couleurs, chaleur. Il avait atterri à Kinshasa la veille, à cinq heures du matin. En descendant de l’avion, il avait découvert les tons de plomb fondu et les odeurs de décomposition de l’aube... Jadis surnommée la Belle, Kinshasa ressemblait aujourd’hui à une gigantesque poubelle renversée, où grouillait une fourmilière de têtes noires et de boubous de couleur vive.  » [p. 11]
     Curieusement, à peine rentrés à Paris, une affaire, un bizutage dans une caserne en Bretagne qui tourne mal, un jeune recrue se retrouve tiré par un missile, alors qu’il semblait se cacher dans une construction fortifiée de la guerre, sur une île interdite «zone militaire » va les faire tourner cette enquête autour de l’Afrique.


En Bref :
     Erwan Morvan, inspecteur à la Crim, découvre de l’Afrique. Celle de son père dans les années 70. Il ne peut faire autrement que de parler de sa famille, par la même occasion. Grégoire Morvan, le père, dans la digne tradition du patriarche autoritaire. Ayant vécu et participé même aux événements de 1968. Un peu dans tous les partis en même temps, le père avait dû s’exiler en Afrique pour se faire oublier.  

« Le Ricard. Quand la France allait basculer aux mains des gauchistes, Pasqua et sa clique du SAC ont organisé une manifestation en faveur de De Gaulle. Ca, tout le monde le sait. Deux cent mille mecs sur les Champs-Elysées et une révolution tuée dans l’œuf, une ! Ce qu’on sait moins, c’est que pour rameuter des manifestants  des quatre coins de la France, le Corse a activé ses réseaux Ricard. A l’époque, il était représentant de la marque. Tous les commerciaux s’y sont mis et ont affrété des cars. A leur arrivée à Paris, les militants avaient droit à une tournée gratis, une tranche de saucisson, et en voiture Simone ! (Il trinqua à la santé des souvenirs.) En France, que pouvait Mao contre le pastis ? » [p. 15]

     Maggie la mère des enfants, vivant en Afrique quand elle a connu Grégoire, la femme soumise  battue, autrefois elle était un peu hippie.  Les enfants ... Ah ! Chacun avec ses problèmes, pourtant il les aime, et ferait tout pour les protéger. Depuis il avait fait son chemin, dans les services de l’Etat, officiels et officieux.  Les parents, sont maintenant rangés dans la catégorie bourgeoisie à l’aise, appartement avenue de Messine, dans les beaux quartiers. Le traditionnel déjeuner de famille le dimanche...
« Il observa les convives : le clan au grand complet. Gaëlle, la benjamine, vingt-neuf ans, absorbée dans ses SMS. Loïc, le cadet, trente-six ans, sommeillant au-dessus de son assiette. En bout de table, ses enfants, Milla et Lorenzo, cinq et sept ans, sages et silencieux. La chaise vide était celle de Maggie, qui continuait à servir la tribu avec dévotion.  
L’illusion était parfaite : une respectable famille bourgeoise, réunie comme chaque dimanche. Les coulisses étaient moins reluisantes. Loïc, ancien alcoolique, aujourd’hui financier millionnaire, était accro à la coke et cherchait son salut dans le bouddhisme. Gaëlle voulait faire du cinéma et couchait à droite à gauche pour « faire avancer sa carrière ». Quand à Maggie, ex-hippie et mère obsessionnelle, elle avait passé sa vie à encaisser les coups de son mari, sans jamais se plaindre ni se résoudre à divorcer. » [p. 20]d
     Erwan, est appelé dans le bureau par le père, il doit lui confier une mission. Il lui faut partir dès l’aube le lendemain, pour la Bretagne, la base Kaeverec 76  pour une affaire sensible. En haut lieu, on veut quelqu’un de confiance pour enquêter.
« Un bizutage qui tourne mal. Un Rafale qui descend une bleusaille. L’intérieur et la Défense veulent une enquête objective, menée par la Crime. Pas question qu’on soupçonne de mettre l’étouffoir » [p. 24]
     L’occasion de revoir un lieu où il passa une grande partie de son enfance. Que va-t-il retrouver ? Quelle déception plus rien ne ressemble à ses souvenirs sur la route. Il lui faut arriver au camp militaire, dans le Finistère, pour reconnaître l’ambiance de la mer.
« Kripo braqua et d’un coup, la mer jaillit : un bouillonnement noir aux franges grises se mêlant au ciel sombre dans une soudure de rocailles. La vraie Bretagne, enfin, apparut. Des falaises vert et blanc, creusées à la verticale, évoquant des animaux monstrueux au pelage phosphorescent, ouvrant des gueules pour s’abreuver à la source du monde.» |p. 94]
     Sur place, qu’est-ce qui l’attendait, pas  bon d’avoir en même temps, la police criminelle : le 36, quai des orfèvres, la Gendarmerie, la police locale, et l’armée, qui  n’est pas réputée pour s’ouvrir facilement : 
« Selon Movan, les Bretons coopéreraient et l’enquête serait bouclée en deux jours. Tu parles. Les militaires de l’aéronavale seraient sans doute fermés comme des huîtres, les gendarmes le regarderaient comme un rival et le proc ouvrirait son parapluie à la moindre découverte. » [p. 51]

      Voilà pour situer l'affaire, vous voulez savoir ce que cette histoire raconte,  maintenant, je ne parlerai plus, même pas en présence de mon avocat. La seule solution, vous armer de patience et lire ce livre.

Mon avis :
     Une belle découverte que ce pavé de J.C. Grangé, 777 pages qui vont vous faire voyager en France, la Bretagne, chez les pompons rouges, nos pilotes de Mirage aussi, à bord du Charles De Gaulle. Mais aussi en Afrique à Kinshasa et dans les provinces du Katanga. Car il faudra remonter à l’époque de la France-Afrique. Même si c’étaient les Belges qui occupaient les lieux. D’ailleurs une vieille affaires de Morvan père, amènera son fils Morvan Erwan jusqu’en Belgique, en Suisse aussi. Sans parler évidement à Paris au 36 Quai des Orfèvres. Un bon conseil cherchez des cartes IGN, pour suivre les itinéraires.
Belle lecture pour passer de longues journées d’hiver en perspective, bien au chaud, à l’abri ! Juste une impression, après avoir fermé la dernière page, aurons-nous un nouvel opus, une suite à cette histoire ? 

illustration : Nkisi nkondi. National Museum van Wereldculturen Coll.no. RV-497-89
photo d'auteur : Richard Dumas/VU - DESIGNNARCISSE
Le site du livre chez l’Éditeur : http://www.albin-michel.fr/Lontano-EAN=9782226318169
En savoir plus sur Jean-Christophe Grangé : www.jc-grange.com

Pour en savoir plus : 4/5
Éditeur : Albin Michel
ISBN : 9782226318169
Date de parution : 9 septembre 2015
Format : 225 mm x 155 mm
784 pages
Prix : 24.90 €





jeudi 5 novembre 2015

Prix Médicis 2015 : un peu d'histoire ...


Le prix Médicis est un prix littéraire français fondé par Gala Barbisan et Jean-Pierre Giraudoux le 1er avril 1958 afin de couronner un roman, un récit, un recueil de nouvelles dont l'auteur débute ou n'a pas encore une notoriété correspondant à son talent. Il était auparavant attribué en même temps que le prix Femina à l'hôtel de Crillon, mais est maintenant décerné deux jours plus tard au restaurant La Méditerranée situé place de l'Odéon à Paris.

En plus du prix Médicis, le prix Médicis étranger est attribué depuis 1970.

 le prix Médicis essai est attribué depuis 1985.

Aux dernières nouvelles, le jury du Médicis se compose d'Emmanuèle Bernheim, Michel Braudeau, Dominique Fernandez, Anne F. Garréta, Patrick Grainville, Frédéric Mitterrand, Christine de Rivoyre, Alain Veinstein et Anne Wiazemski. La présidence du jury, tourne tous les tous ans selon l'ordre alphabétique.

(souce Widipédia   https://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_M%C3%A9dicis )

Le site officiel n'est pas à jour : https://prixmedicis.wordpress.com/


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Dernière sélection du jury Médicis: 11 romans français, 8 romans traduits, 9 essais. Allez donc faire le tri là-dedans. 


Comme son titre l'indique un peu, «Titus n'aimait pas Bérénice» tourne très clairement autour de Racine et de sa terrible vision des passions.
Nathalie Azoulai

Le site du livre chez l'éditeur : http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&ISBN=978-2-8180-3620-4

Le prix Médicis étranger lui, va au Turc Hakan Günday, auteur de «Encore» (traduit du turc par Jean Descat, Galaade). 


Le site du livre chez l'éditeur : http://www.galaade.com/oeuvre/encore

Le prix Médicis essais distingue  «Sauve qui peut la vie» de Nicole Lapierre (Seuil)


Le site du livre chez l'éditeur : http://www.seuil.com/livre-9782021283709.htm

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Les prix littéraires 2015 ... à suivre ...

mercredi 4 novembre 2015

Prix Fémina 2015 : un peu d'histoire ...

     Créé en 1904 par vingt-deux collaboratrices du magazine La Vie heureuse, sous la direction de la poétesse Anna de Noailles, il aura pour but de constituer une contre proposition au prix Goncourt qui consacrait de facto des hommes. Le prix est attribué chaque année par un jury exclusivement féminin le premier mercredi de novembre à l'hôtel de Crillon, Paris. Il récompense chaque année une œuvre de langue française écrite en prose ou en poésie.

l'hôtel Crillon étant en travaux, le Prix Fémina revient au Cercle de l'Interallié 33, rue du faubourg saint-honoré Paris 8e.



Les membres du jury sont, en juin 2015 :

Évelyne Bloch-Dano
Virginie Despentes
Solange Fasquelle
Claire Gallois
Anne-Marie Garat
Paula Jacques
Christine Jordis
Camille Laurens
Mona Ozouf
Danièle Sallenave
Josyane Savigneau
Chantal Thomas
Diane de Margerie - membre d’honneur

Pour plus de détail le site Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_Femina

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Christophe Boltanski, écrivain et reporter à L'Obs, a reçu, mercredi 4 novembre, le prix Femina pour son roman 'La Cache', premier roman paru chez Stock. 


Il a été choisi par le jury dès le second tour, obtenant 7 voix, contre 4 à Charif Madjalani et son Villa des femmes paru au Seuil. 
Le site du livre chez l'éditeur : http://www.editions-stock.fr/la-cache-9782234076372

Prix Femina étranger :

Le Femina du meilleur roman étranger a été décerné à l’Écossaise Kerry Hudson, pour "La couleur de l'eau", paru le 20 août chez Philippe Rey. 



L'auteure a obtenu 6 voix contre les 5 obtenues par La Zone d'intérêt de Martin Amis (Calmann-Lévy).
Le site du livre chez l'éditeur : http://www.philippe-rey.fr/livre-11La_couleur_de_l_eau-278-1-1-0-1.html

Prix Femina essai :

Le Femina du meilleur essai est lui revenu à Emmanuelle Loyer


pour sa biographie de Claude Levi-Strauss : « Lévi-Strauss, notre contemporain »publiée chez Flammarion, et qui obtient 7 voix.
Le site du livre chez l'éditeur : http://editions.flammarion.com/Albums_Detail.cfm?ID=48494&levelCode=sciences

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Les Prix littéraires 2015 ... à suivre ...

mardi 3 novembre 2015

Le Prix Renaudot : Un peu d'histoire ...

"L'histoire est le récit des choses advenues. La gazette seulement le bruit qui en court."
Théophraste Renaudot
Source : prixrenaudot.org


Theophraste Renaudot :
un homme d'influence au temps de
Louis XIII et de la Fronde
Broché – 18 mars 1998
de Christian Bailly  (Auteur)
ISBN 2714419690
     Voici l'histoire de ce prix littéraire, racontée par un participant lui-même, Georges Charensol, "D'une rive à l'autre" paru au Mercure de France, 1973, (ISBN 2715209983). 



La création du prix Renaudot en 1926 racontée par l'un de ses fondateurs, Georges Charensol

« Depuis la fondation de l'Académie Goncourt, les Dix[1] déjeunaient le premier lundi de décembre et attribuaient leur prix au cours du repas. C'est dire que le lauréat était souvent proclamé assez tard car les délibérations des Goncourts ont toujours été tumultueuses, et leur histoire est jalonnée de départs fracassants et de protestations indignées.

Sitôt le résultat connu, nous autres, les informateurs littéraires, allions porter la nouvelle au journal avant de nous mettre à la recherche du lauréat. Ce qui n'était pas toujours facile, les éditeurs étant moins bien organisés qu'aujourd'hui. Nous écrivions ensuite notre article, si bien que nous devions renoncer à déjeuner.


Comme nous étions jeunes et dotés d'un solide appétit, en 1925 je proposai aux camarades attachés à la même galère de prendre ensemble notre repas ce jour-là à onze heures dans un petit restaurant voisin de Drouant, à la Fontaine Gaillon.


Ils acceptèrent d'enthousiasme et Gaston Picard s'écria “ Pourquoi ne décernerions-nous pas un prix nous aussi ? ” L'idée me parut excellente : “ Un prix de journalistes, dis-je, auquel nous donnerions le nom de Théophraste Renaudot, le premier journaliste.”


Quelques jours plus tard nous nous réunissions chez Raoul pour constituer un jury de dix membres. Nos statuts seraient calqués sur ceux des Goncourts, donc inutile de les déclarer et d'élire un président. C'est ainsi que, dans l'illégalité la plus totale, le prix Renaudot est attribué depuis près d'un demi-siècle.


Les premiers membres furent Raymond de Nys de l'Intransigeant, plein de finesse, toujours souriant, Pierre Demartres du Matin, connu pour ses grands reportages comme Georges Le Fèvre du Journal. Mais ni l'un ni l'autre ne dédaignaient la petite information car nous étions tous des vrais journalistes et nous ne nous prenions pas au sérieux. Il y avait encore Noël Sabord de Paris-Midi, un homme de grande culture, Marcel Espiau qui s'était signalé par une farce assez joyeuse. Copain avec un maître d'hôtel de Drouant il avait obtenu de l'aider à servir le repas des Goncourts. Si bien qu'il put assister au début de leurs délibérations alors tout à fait secrètes. Pénétrer dans leur salle à manger, comme le font aujourd'hui reporters et photographes, eût paru aux frères Rosny, à Léon Hennique ou à Léon Daudet un crime de lèse-majesté. Mais Espiau fut reconnu, rapidement chassé et il raconta avec esprit son aventure dans l'Éclair. La présence d'une femme nous parut indispensable et nous fûmes heureux d'accueillir Odette Pannetier, célèbre pour ses articles au vitriol de Candide. Georges Martin du Petit Journal, Gaston Picard de la Renaissance et le dessinateur Henri Guilac du Canard enchaîné, qui donnait aux Nouvelles littéraires de pittoresques bandes dessinées, complétèrent le jury.


Je ne dis pas que, dans notre esprit, il n'y avait pas un peu de malice et l'arrière-pensée de rectifier les votes des Goncourts que nous approuvions rarement, mais nous nous gardâmes de le proclamer et nos relations avec nos aînés furent si bonnes qu'une fois Lucien Descaves, provisoirement brouillé avec ses collègues, vint présider notre déjeuner.


Le premier eut lieu en décembre 1926. Quand vint le moment du vote Odette Pannetier, dans cet esprit de canular qui nous animait, suggéra le nom d'Anatole de Monzie alors ministre de l'Éducation nationale. D'autres propositions du même genre ne nous parurent pas plus astucieuses. Si bien qu'une majorité se dégagea pour donner un coup de projecteur sur un inconnu. C'est ainsi que fut choisi le savoureux Nicolo Pecavi ou l'Affaire Dreyfus à Carpentras, premier roman d'un jeune professeur au lycée de Monaco, Armand Lunel.


Notre initiative eut un retentissement qui nous surprit…  »



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Le lauréat du jury 2015 : Delphine de Vigan "D'après une histoire vraie" (Ed. JC.Lattès)




la page du livre sur le site JC LATTES : http://www.editions-jclattes.fr/le-phenomene-delphine-de-vigan

pour en savoir plus : 
le site officiel du Prix renaudot : http://prixrenaudot.free.fr/historique.htm
(site qui n'est pas à jour !) d'autres prix et livres référencés sur le site 


  • le Renaudot catégorie Essais : Le lauréat du jury 2015 est Didier Blonde pour son livre sur cette femme, dont il vit juste une photo sur une tombe, avec une seule date. Enquête littéraire, "Leïlah Mahi 1932" est aussi une réflexion sensible sur la perte et l'inépulsable pouvoir de fascination des images.
la page du livre sur le site de Gallimard :  http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Blanche/Leilah-Mahi-1932

  • le Renaudot catégorie Livre de poche : Le lauréat du jury 2015 est Vénus Khoury-Ghata pour son roman "La Fiancée était à dos d'âne" (Folio pour l'édition de poche et Mercure de France pour le grand format). 
la page du livre sur le site de Gallimard : 
http://www.folio-lesite.fr/Catalogue/Folio/Folio/La-fiancee-etait-a-dos-d-ane

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Les Prix littéraires 2015 ...  à suivre.